Trading / Analyse technique

Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 16:50

 

L'irrésistible ascension de l'or, semble poser problème à certains analystes qui y voient une bulle.

 

L'or a, en effet, franchi allégrement 1300 dollars l'once et à même atteint le cours historique de 1349, 90 dollars l'once, le 6 octobre.

 

Nouriel Roubini avait résumé les arguments de ceux qui voient une bulle sur le marché de l'or, dans un article intitulé « la bulle spéculative de l'or » (Les Echos), il expliquait en, effet, que l'or permet de se couvrir contre une forte augmentation de l'inflation et une dépression qui entraîne une implosion du système bancaire. Toutes conditions qui ne lui semblaient pas remplies dans la phase actuelle.

 

Qu'est ce qu'une bulle en finance?:

 

Une bulle c'est l'augmentation d'un actif financier qui repose sur la croyance que celui-ci va continuer à augmenter, alors que celle-ci n'a aucune raison objective.

Mais c'est aussi et surtout, le fait qu'un actif atteigne une valeur très supérieure à sa valeur réelle (ou fondamentale).

 

Les prix de l'immobilier, aux États-Unis, avaient atteint ainsi, en 2006, un niveau que rien ne justifiait.

 

La question qui se pose concernant l’or est de savoir si sa valeur est surévaluée.

 

La valeur de l’or est-elle surévaluée ? :

 

goldvsinflation-copie-1.jpg

                                              Schéma 1 : l'once d'or ajusté par l'inflation (CPI).

 

 

Afin de répondre à cette question, on prend en général, le pic atteint en 1980 à 850 dollars l’once et on le corrige de l’inflation.

 

Si on utilise l’indice des prix à la consommation (CPI), le prix de l’once d’or ajusté de l’inflation est d’environ 2300 dollars l’once (comme le montre le schéma 1). On pourrait donc en déduire que la valeur de l'or n'est pas surévaluée.

 

 

goldvsCPIinflation

                                              Schéma 2 : cours de l'once d'or ajusté par le SGS.

 

Mais on peut utiliser, un autre indicateur statistique, plus proche de la réalité : le SGS.

On obtient dans ce cas un prix ajusté de l'inflation de 7500 dollars. Résultat qui parait surprenant.

Ajoutons à cela, que Jill Leyland (World Gold Council) a mené une étude (intitulé "The Golden Constant") qui montre que "l'or et les prix à la consommation ont globalement suivi le même rythme aux États-Unis de 1800 à nos jours". Si la chose est vraie, l'or a de la marge.

 

Dans un excellent article ( "L'or a 10 000 dollars l'once") Kenneth Rogoff émet une critique pertinente. Il considère, en effet, que le pic de 1980 est un point aberrant (non significatif) du aux tensions géopolitiques de l'époque.

 

On pourrait utiliser une autre méthode : le ratio Gold / SP 500. On se rendrait compte que ce ratio est bien en dessous de sa moyenne historique (1928 à nos jours), qui se situe 1,4 x alors qu'elle est actuellement de 1,15 x (29 juin 2010).

 

La lacune essentielle de ces analyses, c'est qu'elles considèrent l'or comme une matière première ou un actif financier, alors qu'il faut, avant tout, considérer l'or comme une monnaie après la crise actuelle.

 

L'or est une monnaie :

 

Dans un contexte ou les taux d'intérêt sont historiquement bas et où ils ne peuvent pas remonter, sous peine d'entraîner la faillite des états; et où ceux-ci ont recours à une création monétaire effrénée afin de renflouer leurs systèmes bancaires et relancer leurs économies, les monnaies ne peuvent plus jouer leur rôle économique.

 

Premier exemple : le cas du Yen. Le yen a atteint des niveaux historiques par rapport au dollar. Cela traduit-il la bonne santé relative de l'économie japonaise par rapport à l'économie américaine ?. Non, car cela risque de bloquer le seul relais de croissance qui fonctionne : les exportations.

La hausse traduit simplement le fait que les Chinois se soient mis à acheter de la dette japonaise.

 

Deuxième exemple : l'euro. La hausse de l'euro vis avis du dollar ne traduit pas la meilleure santé de l'économie de la zone euro par rapport à l'économie américaine.

La zone euro est confrontée à un nouvel épisode de la crise de la dette souveraine, avec les déboires de l'Irlande : système financier en pleine déroute et croissance en panne (-1,2 % au second trimestre).

La hausse de l'euro traduit simplement le fait que la FED envisage de recourir à des mesures de "quantitative easing" afin de stimuler son économie ( pour un montant estimé de 1000 milliards de dollar).

 

Dans un contexte de forte incertitude, l'or joue le rôle d'une monnaie qui inspire confiance.

 

L'or est une monnaie parce qu'il représente l'essentiel des réserves de changes des banques centrales des pays riches ( aux États-Unis 72,8 %, en Allemagne 68,1 % et en France 65,6 %). Ajoutons à cela que la banque centrale chinoise, les banques centrales asiatiques achètent massivement de l'or et que les banques centrales européennes ont cessé de vendre leur or.

On peut donc dire que globalement les banques centrales sont acheteuses d’or et non plus vendeuses. Quelle meilleure preuve de confiance peut-on trouver ?.

 

L’or permet, en outre, d’évaluer à long terme, n’importe quel bien et service, ce qui est la principale qualité d’une monnaie (un équivalent général).

 

Enfin tout le monde sait, que le système monétaire international, ne peut pas continuer à fonctionner avec le dollar, comme monnaie de réserve internationale à cause de l‘endettement public abyssal des États-Unis, et qu’il faudra passer à une nouvelle monnaie internationale basée sur un panier de monnaies en y incluant l’or.

 

En effet la crise actuelle n’a fait qu’accroître l’écart grandissant existant entre la richesse créée aux États-Unis et l’augmentation de la masse monétaire (au sens de M3 qui est l’agrégat le plus large), on peut estimer qu‘il existe un rapport de 1 à 10. Le dollar est donc une monnaie virtuelle qui ne repose que sur la confiance que l’on a dans l’économie américaine.

L’or a donc vocation, avec d’autres monnaies, à se substituer au « roi dollar ».

 

La hausse de l’or a long terme repose sur deux facteurs principaux : la baisse des taux d’intérêt et le fait que les Chinois et les banques centrales asiatiques achètent massivement de l’or. Ajoutons à cela que l’augmentation du niveau de vie dans les pays émergents accroît la capacité de leurs habitants à acheter de l’or. Il faut, d’ailleurs, remarquer qu’ils utilisent l’or comme une monnaie (en Inde par exemple).

La récente loi chinoise qui a libéralisé le marché de l’or s’inscrit dans ce cadre.

 

Un indicateur qui permette de détecter une éventuelle bulle :

 

On pourrait, évidement, poser la question à contrario: quelles seraient les conditions qui permettraient de conclure à une bulle sur le marché de l’or ?.

 

Prenons, par exemple, le ratio taux de rendement des bons du trésor à long terme / taux d’intérêts à court terme (taux directeur). Dans le contexte actuel, si ce ratio augmente, cela signifiera que le taux rendement sur les bons du trésor à long terme augmente, traduisant la difficulté pour les États-Unis de financer leur dette à long terme. L’or devrait donc augmenter.

 

En revanche si celui-ci diminue, cela voudra dire que les taux d’intérêt à court terme augmente et / ou que le taux de rendement des bons du trésor à long terme diminue. Il faut évidement que cette baisse soit significative, jusqu’au point où les taux d’intérêt réels à court terme redeviennent positifs. L’or devrait donc baisser.

 

Admettons maintenant que ce ratio baisse et que l’or continue à augmenter, dans ce cas, on pourra se poser la question de savoir s’il y a une bulle sur le marché de l’or, surtout si on enfonce par le bas la moyenne mobile à 20 jours et un support majeur ( par exemple le support majeur de long terme des 1180 dollars).

 

 

En conclusion, il ne pourra y avoir une bulle sur le marché de l’or que si les taux d’intérêt remontent et si les Chinois et les banques centrales asiatiques arrêtent d’acheter de l’or. Conditions qui sont loin d’être remplies puisque la reprise n’est pas au rendez-vous au États-Unis et que la crise de la dette souveraine est loin d’être réglée dans la zone euro.

 

On peut donc penser que dans un avenir proche l’or pourrait atteindre les 1500 dollars l’once d’or.

 

Simon Wapler (moneyweek) nous explique, en outre, dans un excellent article (« Préférez la bulle de l’or à celle des obligations souveraines »), qu’il faut investir dans les minières : « Le ratio Gold/XAU indique si les minières sont sous-évaluées ou surévaluées par rapport à l'or. La frontière d'achat se situe à 4,5. Au-dessus, les minières sont sous-valorisées. En dessous, elles sont surévaluées. Le ratio est actuellement favorable à l'achat puisqu'il s'établit à 6,68.

 

Le ratio or/pétrole à 15,59 (une once achète plus de 15 barils) est favorable à l'industrie minière ».

 

En définitive plutôt que de s’interroger pour savoir s’il y a une bulle sur le marché de l’or, ne faudrait-il pas se poser la question de savoir quand l’or avec d’autres monnaies va se substituer au « Roi dollar » ?.

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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 18:03


En complémént de l'article : "L'or peut battre tous les records : l'once d'or entre 1200 et 1500 dollars", je rajoute une petite note en terme d'analyse technique, a partir du schéma suivant :






                             Schéma : Gold continuous contract (EOD) Index, 2 ans en données hebdomadaires
                             Source : Stockcharts.com

 On voit sur ce schéma, que l'on aurait pu s'appuyer sur une figure Epaule-Tête-Epaule ou sur une figure de tasse avec  anse qui sont représentées en bleu sur le schéma.
Bien évidemment, il ne s'agit pas dans ce cas de structure de retournement, mais plutôt de figure de consolidation / continuation qui vont dans le sens de la tendance dominante : la hausse.

A mon avis, l'approche la plus pertinente et la plus efficace, consiste à considérer que l'or s'inscrivait dans un canal de conslidation latéral de long terme, puisqu'il a commencé le 17 septembre 2007 et s'achéve le 5 octobre 2009 : la résistance majeur des 1004 dollars l'once devient un support.

L'or aurait donc accumulé un potentiel de hausse sur une période d'environ deux ans. On pourrait donc se fixer comme objectif de reporter la hauteur du canal latéral (1004 - 718 = 286), à partir de ce nouveau support, ce qui nous amènerait environ à 1290 dollars l'once d'or. On pourra continuer à jouer la hausse tant que la moyenne mobile à 20 jours n'aura pas été enfoncée par le bas.

Mais il ne faut surtout pas oublier que la hausse de l'or est due aux négociations secrétes entre la Chine, le Japon, la Russie, la France et les pays du Golfe visant à ce que le pétrole ne soit plus coté en dollars mais sur un panier de monnaies en y incluant l'or.
La véritable question qui est posée ici, au-delà du marché du pétrole, c'est la définition d'une nouvelle monnaie internationale qui remplacerait le dollar.
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 18:56

 

 

 

La période actuelle est marquée par le thème de la reprise. La croissance est passée en territoire positif en France, en Allemagne, au Japon et aux Etats-Unis à la fin de ce trimestre vraisemblablement.

 

Les grandes banques américaines ont annoncé des bénéfices records, l’indice ISM est supérieur à 50, le marché immobilier se stabiliserait (augmentation des ventes depuis 3 mois). On pourrait résumer la situation, en disant : la crise, quelle crise.

 

Mais la fin du mois de septembre a surtout était marqué par le réveil, en fanfare, de l’or. Certains analystes ont même été jusqu’à se poser la question de savoir quelle mouche l’avait piqué. En effet malgré un taux d’inflation négatif dans l’ensemble des pays de l’OCDE, l’envolée des marchés actions, des matières premières et du pétrole, l’or a été taquiné ses plus hauts historique (1024 dollars le 14 septembre).

 

L’or est en réalité au centre d’une problématique complexe qui lie la reprise économique, les anticipations inflationnistes, la crise du dollars. Dans les mines de charbon, les mineurs utilisaient un canari pour les prévenir de l’imminence d’un coup de grisou. L’or joue en quelque sorte le même rôle.

 

L’analyse technique du marché de l’or :

 

L’or s’inscrit dans un canal haussier de très long terme qui a commence en 2001, même s’il a atteint son niveau record en 1980 à 850 dollars l’once, ce qui le situerait à 2200 dollars, de nos jours, en tenant compte de l’inflation.

 

Si on passe à une échelle de temps plus courte (2 ans en données hebdomadaire), on observe sur le schéma 1, un canal baissier de long terme qui va du 29 octobre 2007 au 20 janvier 2008. Le point haut, de ce canal, se situe à 1034 dollars où l'or ateint son record historique( le 17 mars 2008 ). Quant au point bas, il se situe à 683 dollars l'once d'or (le 24octobre) . Il s’agit d’un canal d’une très grande largeur (en rouge sur le schéma1).

 

On observe ,ensuite, à partir du 31 octobre 2008, un canal haussier peu large (en vert sur le schéma 1) qui prend fin le 6 mars 2009. Le point haut de ce canal se situe à 1007 dollars l'once (le 21 février 2009). 

 

Les cours s’inscrivent, à partir de mars, dans un triangle à plat (en bleu sur le schéma 1), en dessinant un structure en double creux / bottom (en W). Il s'agit d'une figure originale puisqu'il ne s'agit pas d'une figure de retournement mais de consolidation / continuation (de la hausse).

Le premier point bas se situe à 869 dollars et le second à 912 dollars. Quant à la ligne de coût elle se situe à 980 dollars (ligne horizontale bleu sur le schéma1).

 

 


               Schéma 1 : Gold - continuous contract (EOD) INDX, deux ans en données hebdomadaires.

               Source : Stockcharts.com

 

 

L’objectif théorique que l’on peut viser, consiste à reporter vers le haut (à partir de la ligne de coût), la différence entre le premier point bas (869) et la ligne de coût, soit 1091 dollars l’once d’or.

 

La structure en double creux (bottom) ne sera validée que si les cours enfoncent la ligne de coût, ce qui s’est passé effectivement le 4 septembre grâce à un marubozu haussier qui sortira, en outre, du triangle par le haut. Il s’agit d’une structure haussière particulièrement forte en analyse technique.

 

Il faut, en outre, remarquer la facilité avec laquelle il enfonce la résistance majeur des mille dollars l’once; pour finir, en clôture, le 14 septembre à 1007 dollars l’once, même s’il clôture le 25 septembre à 990 dollars l’once.

 

Quant aux indicateurs techniques il accompagnent cette structure haussière, le RSI est proche de la zone de surachat et le MACD est en territoire positif et il est supérieur à la ligne de signal.

 

Il faut aussi remarquer que les moyennes mobiles à 20 et 50 jours soutiennent le mouvement puisque la première croise la seconde par le haut et que les cours sont supérieurs à la moyenne mobile à 20 jours.

 

D’un point de vue graphique, le véritable test sera le franchissement 1034 dollars l’once, dans ce cas on pourra viser les 1091 dollars, voire 1200 dollars puisqu’il n’existe plus de résistance majeur.

 

En revanche, dans le cas, où les 980 dollars serait enfoncé par le bas, on pourrait envisager le retour vers les 912, voire les 869 dollars l’once.

 

L’analyse technique nous permet de comprendre la psychologie du marché, mais il faut, avant tout, comprendre le scénario qui se cache derrière celle-ci.

 

L’or est au centre, en réalité, d’un scénario complexe qui lie la reprise économique, les anticipations inflationnistes et la crise du dollar.

 

L’or est devenu une monnaie (une devise) internationale de second rang :

 

En effet le marché de l’or est déterminé par des facteurs exogènes. Son éclat dépend de trois facteurs qui sont étroitement imbriqués : le dollar, les taux et l’inflation.

Une politique de taux accommodante comme celle menée actuellement par l’ensemble des banques centrales lui est favorable.

La faiblesse actuelle du dollar, lui permet de jouer le rôle d’une sorte de couverture contre les éventuelles glissades du billet vert. Enfin, l’or se nourrit surtout des anticipations de remontée de l’inflation.

 

1) Le nouveau scénario des grands investisseurs :

 

Quand l’or se réveille de manière aussi soudaine et avec autant de force, il agit traditionnellement comme un indicateur avancé et fiable des pressions inflationnistes. La chose peut paraître surprenante puisque nous sommes dans une situation où le taux d’inflation est négatif dans l’ensemble des pays de l’OCDE.

On peut attribuer cela, à la forte baisse du pétrole et des matières premières, jusqu’en mars 2009 ainsi qu’à la déflation qui pousse les entreprises à réduire leur prix et les salariés à baisser leurs salaires.

 

D’un autre coté, l’extrême relâchement de la politique monétaire, auquel s’ajoute la dépense de sommes colossales pour stabiliser le système financier, a créé une bulle d’actifs, due à l’injection massive de liquidités sur les marchés financiers et ceux des matières premières.

 

On peut donc dire que l’augmentation actuelle du prix des actifs par rapport à leur niveau de mars repose à la fois sur des anticipations, trop optimistes, de reprise rapide de la croissance vers son niveau potentiel et sur une bulle de liquidités qui fait augmenter le prix du pétrole et des actions de manière trop rapide et précoce.

 

Les investisseurs ont donc compris que la reprise serait de faible ampleur et qu’il y a un risque non négligeable de récession à double détente (en W). Pourquoi ?.

 

Tout d’abord, parce que la consommation ne peut pas repartir. Les ménages doivent se désendetter à cause du dégonflement de la bulle immobilière, puisqu’ils ont vu leurs dettes augmenter et leurs patrimoine se réduire. L’augmentation actuelle du chômage renforce ce mécanisme, d’autant plus que les banques ont réduit leurs encours de crédit. La reprise ne peut pas s’appuyer sur la consommation. Il n’est plus possible de stimuler la croissance par l’endettement.

 

Dans ce contexte les entreprises n’ont aucun intérêt à investir, d’autant plus qu’il existe d’importantes surcapacités de production. Le taux d’utilisation des capacités de production est passé, aux Etats-Unis, de 78% à 68%.

A cela vient s’ajouter la réduction des encours de crédit par les banques en direction des entreprises, ce qui implique la faillite de nombreuses PME, grandes pourvoyeuses d’emploi.

Dans la phase actuelle les entreprises reconstituent leurs stocks (fin du déstockage).

La reprise ne peut donc s’appuyer sur l’investissement. L’insee prévoit une baisse de l’investissement industriel, en France, de 28% en 2009.

 

Enfin le commerce international est en panne, baisse prévue de 10 % en 2009. Seules lueurs d’espoir, le rebond de la croissance dans les grands pays émergents : la Chine, l’Inde et le Brésil, mais ceux-ci ont mis en place des plans de relance essentiellement centrés sur leurs marchés intérieurs. Le plan chinois privilégie, d’ailleurs, le made in china.

La reprise ne peut s’appuyer donc sur le redémarrage des exportations.

 

Au terme de ce raisonnement, il est facile de comprendre que la reprise actuelle s’appuie essentiellement sur la fin du déstockage des entreprises (c‘est d‘ailleurs l‘hypothèse de Janet Yellen, la directrice de la Fed de San Francisco), mais aussi en partie sur les effets des plans de relance (mesures favorisant la consommation comme la prime à la casse par exemple).

 

La fin de la récession ne signifie pas la fin de la crise. Pourquoi?.

Prenons l’estimation la plus simple : la comparaison du PIB réel, aux Etats-Unis, depuis le début de la récession avec ce qu’il aurait été si l’économie avait continué à croître au même rythme que de 1999 à 2007, comme le montre le schéma 2.

 

                                                                  Schéma 2.

 

Dans ce cas on s’aperçoit qu’il se situe 8% en dessous de là où il devrait être. Cela se traduit par une perte de production à un rythme supérieur à 1000 milliards de dollars par an et un chômage de masse. L’économie américaine continuera à enregistrer ces pertes même si le PIB croit à nouveau tant que l’écart n’aura pas été comblé (l’output gap).

 

D’un autre coté, une récession à double détente est possible, puisque le coups de pouce de la relance budgétaire s’estompera dans quelques trimestres. Ensuite parce que l’élan que nous observons aujourd’hui est lié à la reconstitution des stock des entreprises, ce qui ne se produira qu’une seule fois

 

Si on fait référence à la récession de 2001, on se rend compte que la reconstitution des stock a fait remonter la croissance entre le quatrième trimestre 2001 et le premier trimestre 2002, puis a quasiment disparu, ce qui a entraîné une contraction de l’activité assez proche d’une récession en W (double dip), comme le montre le shéma3.

 

                                                    Schéma 3.

 

La conclusion des investisseurs est simple, les Etats vont continuer à s’endetter afin de soutenir la reprise. A l’issue du G20, ils ont convenu du maintien des plans de relance ainsi que des mesures en faveur du système financier, ce qui a fait monter les marchés.

 

L’augmentation de l’endettement public explique le retour des anticipations inflationnistes.

 

2) Le canari dans la cage : comment expliquer le retour des anticipations inflationnistes.

 

Si les Etats continuent à s’endetter afin de soutenir la reprise, cela pose un problème majeur pour les Etats-Unis qui détiennent la monnaie de réserve internationale : le dollar.

En effet le dollar a baissé vis à vis de l’Euro depuis mars, d’environ 17 %. Or la principale qualité d’une monnaie de réserve internationale, c’est de conserver la valeur.

 

Si les Etats-Unis continuent à s’endetter afin de soutenir la reprise, ce qui est la seule solution envisageable d’un point de vue économique, alors que le déficit budgétaire, pour 2009, représente 12% du PIB. Cela aura pour conséquence une baisse supplémentaire du dollar. Il est donc certain, dans ce cas, que la Chine et les autres grands pays émergents, ainsi que les investisseurs non résidents, réduiront leurs achats de bon du trésors, ce qui aura pour effet de faire augmenter les taux longs.

La baisse du dollars a fait perdre, environ, à la Chine deux milliards de dollars.

 

M. Chieng (ancien vice-président du parti et ambassadeur itinérant de l’économie chinoise) a déclaré ainsi, lors d’un symposium au lac de Côme, apparemment sans langue de bois : 

que : "l’or était tout à fait une alternative au dollar, mais que les Chinois ne pouvaient faire que des achats mesurés pour ne pas déséquilibrer les cours", 

que "Si la Fed continuait à créer des dollars à partir de rien pour racheter des bons du trésor, alors le dollar chuterait et l’inflation aux USA réapparaitrait sous une à deux années", 

que "la Chine ne pouvait se désengager brutalement, mais que désormais, les recettes de changes supplémentaires seraient diversifiées en Yen, en euro, autres devises et or".

 

Les déclarations de M. Chieng montre bien que les Etats-Unis seront obligés de monétiser une partie de plus en plus importante de la dette public, ce qui fera augmenter l’inflation à moyen terme.

 

Kenneth Rogoff (ancien chef économiste du FMI et professeur à Harvard) a bien résumé la situation. Il a expliqué, en effet, que pour revenir à une dette acceptable, il faudrait faire augmenter la pression fiscale aux Etats-Unis de 80% pendant 10 ans, ce qui lui paraît impossible. La seule solution consiste donc à faire passer le taux objectif d’inflation de la FED à 5%, ce qui permettrait de réduire sur la même période la dette de 50 %.

 

On pourrait résumer la situation en disant que les Etats-Unis ne peuvent pas réduire leur déficit budgétaire car cela entraînerait une contraction de l’activité et que la baisse du dollar est un symptôme de l’inflation existant dans le système.

Les investisseurs parie donc sur le fait que la création monétaire due à la monétisation de la dette publique sera supérieur, à terme, à la destruction monétaire due à la contraction des encours de crédit (baisse, en rythme annuel, de 14% des encours de crédit, entre juin et août et de 5 % de la masse monétaire (M3)).

 

En conclusion l’or est au centre d’une problématique complexe qui repose sur une reprise de faible ampleur, voire une récession en forme de W, sur l’augmentation de l’endettement public américain et la baisse du dollar ainsi que sur des anticipations de retour de l’inflation à moyen terme.

Ce scénario permet de comprendre pourquoi l’analyse technique présente une tendance haussière si forte (la résistance des 1000 dollars l’once est devenu un support). L’or n’est pas simplement une valeur refuge en cas de crise financière. Le métal jaune est devenu une monnaie internationale de second rang.

 

Les hausses significative de l’or obéissent toujours au même schéma : réveil en fanfare de l’or (première phase), puis arrivée sur le marché des investisseurs institutionnels qui amènent des capitaux frais (deuxième phase) : Nortwestern Mutuel (3ème compagnie d’assurance vie aux Etats-Unis) a investi 400 millions de dollars dans l’or physique, John Paul son (gérant de Hedge fund qui avait anticipé la crise des subprimes) a investi 2,9 milliards de dollars sur l’or dans le plus gros ETF.

 

L’or pourrait donc battre tous les records et se situait à 1250 dollars l’once d’or, voire entre 1250 et 1500 dollars. L’or continue à briller de mille feux parce qu’il est devenu une sorte de monnaie internationale de substitution vis à vis du dollar.

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 20:07

 


La crise actuelle, qui est à la fois une crise financière et économique mondiale, a provoqué une chute sans précédent de l'indice phare de la place parisienne.


Le rebonds de l'indice à partir de son point bas de mars, doit-il s'interpréter comme un rebond technique dans un marché baissier (bear market) ou comme une sortie de crise et l'entrée dans un marché haussier (bull market).

En recoupant les informations fournies par l'analyse technique et l'analyse économique, on pourra, dans une certaine mesure, répondre à la question posée.

Les informations fournies par l'analyse technique:


On distingue sur le schéma 1, le canal baissier de long terme, qui commence en juillet 2007 avec la crise des subprimes, ainsi que le gap ouvert par le KRACH d'octobre 2008.

On remarque aussi l'oblique haussière qui part du point bas de mars 2009 et qui est enfoncée par le bas le 15 juin 2009.

Enfin la semaine, qui prend fin le 17 juillet, se conclue par un avalement haussier (entouré par un cercle sur le schéma1) dû pour l'essentiel à l'annonce d'excellents résultats par les banques Goldman Sachs et J.P Morgan Chase.





 

 

       Schéma 1 : CAC 40, 3 ans en données hebdomadaires.
         Source @Stockcharts.com



Remarquons, en outre, que l'oblique haussiére est située en dessous du canal baissier long terme. La résistance majeure des 3500 points n'a pas été enfoncée par le haut ainsi que les 4000 points ce qui aurait refermé le gap ouvert par le Krach d'octobre 2008.


Dans l'état actuel des choses, aucune des informations fournies par l'analyse technique ne permet de supposer que nous sommes passés dans un marché haussier et que la crise est derrière nous à l'exception de l'avalement haussier qui est venu mettre fin à la semaine (ce qui est un peu mince).


Le recours à l'analyse économique nous permettra, peut-être, d'infirmer ou de confirmer cette opinion.


Les informations fournies par l'analyse économique :


Afin de résumer les effets de la crise, on pourrait poser le théoréme suivant : les graves dommages, subis par le système financier mondial, dûs à l'utilisation de produits titrisés, ont rendu celui-ci insolvable et ont entravé sa capacité à s'acquitter de son rôle économique qui est de prêter aux ménages afin qu'ils puissent acheter des biens durables et aux entreprises industrielles et commerciales afin qu'elles puissent financer leurs investissements et leurs cycles d'exploitation.

Le frémissement que l'on sent actuellement dans l'économie mondiale (surtout en CHINE : augmentation de la production industrielle de 7% et de l'investisement de 30%, avec un taux de croissance estimé pour 2009 de 8%) est du aux effets des plans de relance ainsi qu'a la fin du déstockage des entreprises (c'est la conclusion des rencontre d'Aix en Provence organisées par le cercle des économistes).


Il faut, toutefois, être conscient que les graves dommages, subis par le système financier mondial, n'ont pas été pleinement réparés.
Comme le faisait remarquer, l'actuel directeur général du FMI, Dominic Strauss Kahn, si beaucoup a été fait afin de sauver le système financier, il reste encore beaucoup à faire.


Réparer les dommages subis par le système financier mondial, cela veut dire concrétement sortir du bilan des banques les actifs toxiques, c'est l'élément essentiel qui conditionne la sortie de crise.
Or il n'existe pas, dans l'état actuel des choses, une solution pertinente qui puisse être mise en oeuvre dans des délais relativement brefs.

 Il ne faut pas être dupe de la situation actuelle, ce sont en réalité les banques centrales et les Trésors Publics qui maintiennent sous perfusions les systèmes bancaires : garanties des engagements, taux d'intérêts trés faibles, recapitalisation des banques, prise en pension de tous types d'effets.. etc.


Dans ce contexte, les excellents résultats de Goldmann Sachs et J.P Morgan Chase n'ont rien d'étonnant, d'autant plus qu'elles ne sont plus tenues d'évaluer leurs actifs à la "fair value" (valeur de marché). Ajoutons à cela, que la première à bénéficier des largesses du plan Paulson (25 milliards de dollars), et a pu racheter Bear Stern et Whasington Mutual à un prix défiant toute concurrence grâce à l'aide de la FED. Quant à la seconde, elle a particulièrement bénéficié des largesses du plan Paulson (son ancien PDG). Elle a reçu 10 milliards de dollars au titre du plan Paulson et 13 milliards de dollars de la part d'AIG (CDS) qui a elle-même était renflouée par la FED.

Elles ont pu ainsi annoncer respectivement, un résultat net, au second trimestre de 2,77 milliards de dollars et de 3,44 milliards trés supérieur au consensus de marché. Ceux-ci sont, pour l'essentiel, dus aux activtés de courtage dont on ne connait pas l'exposition aux risques


Il faut, toutefois, souligner une spécificité de Goldman Sachs, fort connu aux Etats-Unis, puisqu'on l'appelle aussi "Governement Sachs". En effet ses anciens dirigeants occupent des postes importants importants au trésor américain (pensons à Monsieur Paulson et Monsieur Rubby qui était secrétaire d'état au trésor respectivement sous les administration Bush et Clinton), au FMI, à la Banque Mondiale et dirigent souvent les agences fédérales.

Monsieur Paulson a, en outre, eu l'excellente idée de ne pas renflouer le principale concurrent de Goldman Sachs : Lehman Brothers, avec les conséquences que l'on connait.


A l'exception des banques précédemment citées et de Morgan Stanley, les autres banques américaines sont "des banques zombies" (Nouriel Roubini) qui ne subsistent que grâce à l'aide de l'état fédéral. Il y a, en outre, un risque sérieux d'une seconde vague de la crise financière, à cause de la crise économique et de l'augmentation du chômage, portant sur les crédit Alt-A (crédits intermédiaires) et l'immobilier commercial, les taux de défaillance ayant atteint des proportions alarmantes.


En conclusion, si on croise l'analyse technique et l'analyse économique, rien ne permet de penser  que le rebonds actuel, marque la sortie de crise. Il s'agirait plutôt d'un rebonds technique dans un marché baissier (bear market). Nous n'avons pas encore touché le point bas de la crise : le scénario économique, de la hausse actuelle, n'est pas crédible  

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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 16:56

 

 

 


Depuis que la crise des subprimes  s’est déclenchée en juillet 2007, le CAC 40 s’est littéralement écroulé, il a perdu environ 54 % de sa valeur.
Au risque d’écroulement du système financier qui a vu la disparition de nombreuses banques au Etats-Unis (Bears Stern, Wachovia, …) et surtout la faillite de Lehman Brothers et la quasi faillite de l’assureur AIG sans l’aide du gouvernement américain, s’est ajouté une crise économique d’une ampleur inégalée depuis la crise de 1929 qui affecte l’ensemble de l’économie mondiale.


La question est donc de savoir jusqu’ou peut tomber le CAC 40, autrement dit de connaître la valeur à partir de laquelle, l’indice peut rebondir.
Georges Soros a évoqué l’idée d’une super bulle qui prendrait ses racines dans l’économie de l’endettement qui commencerait après la seconde guerre mondiale et prendrait son envol à partir des années 1980-1990.
Cette hypothèse est partagée d’ailleurs par de grands économistes : joseph Stiggliz, Paul Krugmann, Michel Aglietta, Patrick Artus …


On peut matérialiser cette super bulle en ayant recours à l’analyse technique (bougiste et chartiste). Il faut donc distinguer dans ce cas entre l’analyse de court terme, moyen terme et très long terme qui nous donnera les indications les plus pertinentes.


L’évolution du CAC à CT comme à MT nous montre une tendance baissière très forte, ce qui n’a rien d’étonnant avec la crise actuelle, même si celle-ci est plus accentuée à MT.
A CT on voit sur le schéma 1 (3 mois en données journalières), qu’il y a un canal baissier qui commence le 22 septembre et qui finit le 28 octobre qui correspond aux conséquences de la faillite de la banque Lehman Brothers et à la prise de conscience de l’ampleur de la crise financière : le risque systémique est devenu une réalité.
Par la suite il se forme un triangle tourné vers le bas (schéma 1), dont on est sorti par le bas le 20 février (2750 pts). Le CAC s’approche de son niveau le plus bas de 2003.  
Aujourd’hui  le 25 février, le CAC a largement comblé le gap des 2668 pts du 1er avril 2003, en finissant à 2696 pts, ce qui ne l’a pas empêché d’aligner 8 séances de baisses consécutives, triste record, qui alimente les spéculations d’un retour sur les 2555 pts (dernier gap encore béant du 13 mars 2003). 
Il est toutefois difficile à partir d’une analyse de CT, voire impossible, de déterminer le niveau à partir duquel, il pourrait rebondir.

                                            Schéma 1 : 3 mois en données daily avec volumes.
                                                                 Source PROREALTIME.

 


A MLT, schéma 2 ( 2 ans en données hebdomadaires), on observe un canal baissier qui va de juillet 2007 à octobre 2008 (faillite de Lehmann Brothers), même si sur l’année 2008, il y un canal latéral (range de consolidation qui va de 5078 à 4100 pts) de la semaine 4 de janvier (2008) à la semaine 40 d’octobre (2008). L’indice sort à la fois de ce canal la semaine 40 d’octobre (2008), ainsi que de son canal baissier de LT (2007-2008), ce qui se traduit par un gap et un marubozu baissiers, l‘indice perd 18 % de sa valeur (il passe sur une semaine de 3875 à 3161 pts) : le krach d‘octobre; puis se forme un triangle tourné vers le bas dont on sort à nouveau par le bas la semaine 7 de février (2750 pts).
A MLT, on perçoit mieux l’incapacité des autorités politiques et financières, à régler une crise qui est à la fois financière et économique.


En résumé l’analyse technique à CT et MLT, nous montre un indice en chute libre, dont rien ne semble arrêter la chute. Il est toutefois difficile de déterminer l’ampleur finale de celle-ci.



                                   Schéma 2 : 2ans en données weekly avec volumes
                                                   Source PROREALTIME.

Bien évidemment, l’analyse de très long terme nous donnera les informations les plus pertinentes.


Au préalable, il est nécessaire de revenir sur la notion de super bulle.
Il faut partir, en premier lieu, de la bulle immobilière américaine, dont le point de retournement se situe en juillet - août 2007. Elle repose sur le laxisme de plus en plus fort dans l’octroi des crédits et sur l’idée fausse que les garanties n’étaient pas affectées par la propension à prêter.
Le problème c’est que la bulle immobilière américaine s’est développée de manière concomitante avec la super bulle. On peut même dire que la première est contenue dans la seconde.
Pour revenir à cette dernière, elle repose à mon sens sur trois tendances :

- La tendance à long terme à l’expansion illimitée du crédit.
- Le rythme accéléré de l’innovation, en matière financière, lié a l’assouplissement continu de la réglementation.
-   La mondialisation des marchés financiers qui est un phénomène structurellement asymétrique, qui favorise les Etats-Unis et les autres pays développés, et pénalise les économies sous-développées qui sont à la périphérie.


L’idée qui se cache derrière la super bulle, c’est donc que celle-ci n’a rien à voir avec les crises précédentes qui affectaient tel ou tel segment du système financier : crise de 1997 des marchés émergents, faillite de LTCM en 1998, bulle technologique en 2000. Il s’agit à la fois d’une crise financière, immobilière et économique qui affecte le système financier et économique mondial dans son ensemble.
Première crise de l’économie mondialisé.


On peut visualiser la super bulle en ayant recours à une analyse technique de très long terme, comme le montre le schéma 3 (30 ans en données mensuelles) :


 

 

                         Schéma 3 : 30 ans, données mensuelles avec volume, RSI et MACD.
                                                                 Source PROREALTIME.

La super bulle prend la forme d’une structure (en terme chartiste) en double top (avec un second sommet plus bas que le premier), que l’on appelle aussi structure en M.
De manière classique afin d’analyser la seconde jambe du M, on pourrait utiliser les vagues d’Elliot, qui décompose tout cycle boursier (classique), en une tendance haussière composé de 5 vagues (3 haussières et deux baissières) et une tendance baissière composé de trois vagues (2 baissières et une haussière).
Même si toute décomposition en 8 vagues est toujours arbitraire, la seconde jambe du M semble bien correspondre à celle-ci, avec un résultat théorique intéressant : la vague d’ordre 8 (la huitième vague) doit retracer le point bas de la vague d’ordre 1 (première vague) qui se situe à 2618 points (en données mensuelles).
Nous serions proche du rebond puisque l’indice se situe actuellement au environ des 2700 points.


L’importance de la crise financière actuelle puisque le FMI évalue les actifs toxiques à 2400 milliards de dollars alors que les fonds propres des banques ne sont que de 1200 milliards de dollars, montre que la crise financière est loin d’être réglée.
Quant à la crise immobilière et économique, les premières mesures sérieuses viennent d’être prises, notamment le plan de relance d’Obama (787 milliards de dollars) ainsi qu’un plan d’aide en faveur des propriétaires immobiliers d’un montant de 75 milliards de dollars.
Il faut donc revenir à l’hypothèse de la super bulle que l’on peut caractériser par la structure en double tops (M), du schéma 3, si on vent avoir une plus juste estimation de la situation.


Une structure en double tops est une structure de retournement, on analyse celle-ci par rapport à la ligne de cou, qui est la ligne horizontale qui passe par le point bas du M, elle est située (en données donnés mensuelles) à environ 2618 points (schéma 3).
Le franchissement de celle-ci valide la figure, si elle est accompagnée de volume important.
Théoriquement il faut donc reporter vers le bas, à partir de la ligne de cou, la différence existant entre le sommet (6104 pts) de la seconde jambe du M et la ligne de cou (2618 pts), soit 3486 points. 
En conséquence si l’on prend 2618 points et qu’on retranche 3486 points, on obtient un indice négatif : -868 points. Bien sur, ce résultat est incohérent (un indice ne peut pas être négatif), il montre simplement l’ampleur (théorique) de la super bulle.


Il faut donc réinterpréter ce résultat, en lui donnant un sens pratique.
Il convient donc de tenir compte de deux forces contradictoires à l’œuvre : d’un coté l’ampleur et la force de la super bulle (qui marque la fin d’une période : l’économie de l’endettement) et d’un autre coté les mesures prises (à l’échelle mondiale) afin de sauvegarder le système bancaire, le marché immobilier ainsi que les plans de relance (Paul Krugmann pense ainsi que le plan de relance d’Obama n’est pas suffisant car il n’arrivera pas à combler « l’output gap » : différence entre la production effective et la production potentielle).
La seule hypothèse réaliste est de prendre, sur la période, le point bas absolu (dernier support connu), 1680 points (septembre 1992) et le point haut correspondant : 2333 points (janvier/ février 1994) et de considérer que le rebond de l’indice se fera à l’intérieur de cet intervalle; au plus tôt, début 2010.
Celui-ci ne sera validé que s’il enfonce la résistance clé des 3500 points.


Quelque part la crise actuelle est moins grave que celle de 1929, les autorités financières et politiques n’ont pas commis la même erreur : elles n’ont pas laissé s’écrouler le système bancaire.
Elle est plus grave, d’un autre coté, parce qu’il n’existe pas un état de droit qui pourrait mettre en place un plan de relance à l’échelle mondiale avec célérité et efficacité et régler le problème du système bancaire mondial de manière cohérente.
Régler la crise c'est donc cordonner les plans de relance et le traitement des problèmes du système financier mondial, comme le montre la crise actuelle des pays de l’est; et à plus long terme mettre en place une meilleure régulation des marchés financiers ( notamment les produits structurés : CDO et surtout CDS) et une meilleure coordination des politiques monétaires entre les différents zones économiques.


Quoiqu’il en soit, si la courbe du CAC 40 franchit les 2618 points (ce qui valide la structure en double tops) on peut penser que le rebond se fera dans un intervalle compris entre 1680 et 2333 points (début 2010).
Si donc cette analyse est exacte, on peut en tirer différentes conclusions, tant que le rebond n’aura pas eu lieu.
La première est que l’on peut vendre à découvert (vad) les secteurs qui accompagnent à la baisse l’indice : l’automobile et la sidérurgie.
La seconde est que l’on peut jouer à la baisse l’indice (future).
Mais surtout qu’il faut jouer l’or à  la hausse, puisque celui-ci n’est plus corrélé (négativement) avec le $ et le pétrole (positivement). L’or est devenu une véritable monnaie de substitution (ce qui va bien au-delà de son statut de valeur refuge) aussi bien pour les particuliers que pour certaines banques centrales (la Chine par exemple).
En définitive, on peut dire, qu’il reste corrélé négativement avec les indices boursiers, puisqu’il s’inscrit dans un canal haussier de long terme alors que ces derniers s’inscrivent dans un canal baissier de long terme.
Ajoutons enfin que la reprise devrait favoriser les matières premières et le pétrole (très corrélés avec la croissance), mais aussi l’or à cause d’un environnement très inflationniste (du à l’utilisation de la planche à billet dans la période actuelle et au fait qu’il paraît peu probable que l’on augmente les impôts lorsque la croissance repartira).

 

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